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« Mon père, ce (super) héros… »
Pierre Mouchot (alias Chott) fut une figure de la BD de l’après-guerre. Résistant, puis co-créateur de Fantax (un des premiers super-héros à la française), il fut aussi le créateur et éditeur qui eut le plus à souffrir des réprimandes de la commission de surveillance des publications pour la jeunesse, au point d’être condamné en 1961 et écarté de son métier. Officiellement parce que ses BD auraient été violentes et traumatisantes pour la jeunesse. Officieusement pour faire un exemple et tenir en respect toute une génération d’éditeurs. Sa fille, Danielle Mouchot, a bien voulu évoquer l’histoire d’un pionner…
Pierre Mouchot est né en 1911, arrivé à l’âge adulte il pratique divers métiers sous la pression familiale mais ses aspirations sont autres. Peu importe, l’Histoire se charge de broyer tous les plans d’une génération. La Seconde Guerre Mondiale arrive et Mouchot, comme les hommes de son âge, vont peupler les rangs de l’armée française. En 40, alors que la France capitule, Mouchot, lui, est prisonnier et va faire preuve de sa grande détermination en multipliant les tentatives d’évasions. Danielle Mouchot, sa fille, se souvient avec émotion des événements, dignes d’un héros romanesques : « Il a essayé trois fois de s’évader. Il a d’abord essayé à peu près au moment de sa capture. Ensuite c’était dans un camp de prisonniers qui se trouvait encore en France. Cette fois il a été blessé et a reçu une balle dans la cuisse. Après ça il a été condamné à un certain nombre de jours de cachots. Finalement la troisième tentative a été la bonne, juste avant qu’on les emmène en Allemagne, alors qu’ils étaient près de Nancy. Au début de son mariage mon père avait habité Nancy, il connaissait la ville. Dans le passé il avait aussi souffert d’une ophtalmie des neiges. Cela lui a donné l’idée de jouer à l’aveugle. En conséquence de quoi il a été envoyé à l’hôpital de Nancy. Et il a réussit à s’évader de l’hôpital… Ces événements se situaient vers octobre 1940… » Pierre Mouchot, déguisé en clochard, entame alors un parcours de 325 km pour retrouver sa famille, installée à Lyon. Un jour le vagabond vient taper à la porte des Mouchot et ce sont les retrouvailles qu’on peut imaginer : « Je n’était pas très vieille, à peine plus de quatre ans, mais je me rappelle encore de son retour. Il avait une barbe broussailleuse et ca m’avait beaucoup marqué ». Rentré à Lyon, Pierre Mouchot se découvre un nouveau métier. Ce sera dessinateur. « Auparavant Il avait dessiné pour la Revue du Club Alpin ou des choses comme ça mais de façon tout à fait anecdotique. Il a surtout dessiné après s’être évadé. Il s’était intéressé au dessin avant la guerre… Mais c’est à partir de son retour à Lyon qu’il a vraiment pu s’y consacrer. Il dessinait pour différentes maisons d’édition de l’époque. Evidemment, à partir de ce moment-là, dessiner tout en étant résistant n’avait rien de facile. Mais on était à Lyon, qui était en encore en zone libre. On habitait 53 rue du Colombier et à partir de son retour c’est là qu’il a travaillé. Il partageait donc son temps entre dessiner et graver des tampons pour faire des faux papiers. »
A Lyon, les éditeurs pullulent. Il y a bien sûr ceux qui étaient déjà dans la région avant les hostilités mais aussi ceux qui sont descendus de Paris, pour éviter de se retrouver en zone occupée. Et plusieurs de ces éditeurs lyonnais sont résistants. Mouchot développe alors un réseau d’amitié ou la profession se mèle avec l’engagement patriotique : « C’est dans la résistance qu’il a rencontré Auguste Vistel (NDLR : futur co-fondateur des éditions Lug). Ils se connaissaient très bien tous les deux, même s’ils ont fait plus tard le choix d’avoir chacun leur maison d’édition. Je ne sais pas trop pourquoi mon père tenait à avoir une maison d’édition mais je suppose que c’était un projet de longue date… ». Les projets de longue date reviennent dans le domaine du possible à la Libération. En 1946, l’artiste fonde les Editions Pierre Mouchot (plus tard rebaptisées Société d’Editions Rhodanniennes). Une de ses premières créations est le super-héros Fantax paru dans les pages du journal « Paris-Monde-Illustré ». Fantax est en fait Lord Horace Neighbour, un ambassadeur qui enfile un costume rouge et noir pour traquer les gangsters. Ce super-héros à la française est créé en collaboration avec un certain J. K. Melwyn-Nash. De son vrai nom Nash est en fait Marcel Navarro, un autre auteur qui est lui aussi passé par la Résistance et qui sera plus tard, avec Auguste Vistel, l’autre fondateur des Editions Lug. « Le premier héros que mon père voulait publier s’appelait « P’tit Gars » mais finalement il l’a remplacé par Fantax. Je pense qu’il y aussi l’influence de Marcel Navarro dans le choix du premier personnage à sortir . Ca a marché tout de suite. Ils l’ont d’abord publié dans Paris-Monde-Illustré puis ensuite dans son propre titre. Je n’ai pas les chiffres exacts de diffusion mais je sais que quand Fantax est devenu un titre à part entière il a fallu faire un retirage du premier numéro. Il était difficile d’estimer à l’avance le niveau des ventes et du coup il a fallu faire un second tirage. C’est d’ailleurs pour cela que Fantax #1 est devenu vite un objet recherché, parce qu’il n’y en a pas eu une très grosse quantité… ». Pierre Mouchot dessine les premiers numéros puis passe la main à certains collaborateurs, se réservant essentiellement les couvertures : « Avant même de créer sa maison d’édition il avait dés le départ monté « l’atelier Chott ». Un atelier artisanal d’illustration. Au début l’atelier se limitait à lui seul bien évidemment mais ensuite pour faire face à la demande il s’est entouré de plusieurs personnes comme Robert Rocca (Bob Roc), Rémy Bordelet… Tous faisaient parti de l’atelier Chott et étaient mis à contribution pour les dessins intérieurs. »
Du coup la carrière de Fantax s’envole et se poursuivra sans accroc jusqu’en 1949… Les Editions Pierre Mouchot créent alors d’autres séries et personnages. Il y a Robin des Bois et une version romancée de la vie de Marco Polo : « Pour Marco Polo, les dessinateurs étaient italiens. Très tôt il a fondé une maison d’édition en Italie… ». Dans les créations Mouchit, on trouve aussi Big Bill le Casseur, un personnage qui, ayant beau évoluer dans un contexte de western, n’en porte pas moins le masque propre aux super-héros. « Mon père lisait beaucoup de choses différentes. De la littérature classique, des romans policiers. Un peu de tout… Contrairement à ce qu’on pourrait croire il ne lisait pas spécialement des bandes dessinées. On n’en trouvait pas à la maison. C’est vrai qu’on ressent une influence américaine en regardant ses dessins mais elle ne venait pas de la BD, plutôt du cinéma. Ce qui intéressait beaucoup mon père et dont il se servait comme source, c’était des photos de films, en particulier des photos de western. J’en ai encore un certain nombre qui lui ont appartenus. Avec mon frère nous lisions les BD au fur et à mesure qu’elles se créaient. D’abord, Rue du Colombier, là où se tenait l’atelier, c’était même ma chambre ! Mais ensuite nous avons déménagé Place Carnot (NDLR : au centre de Lyon) et là tout se passait dans notre appartement. Avec mon frère nous suivions tous les détails de la production, nous les regardions dessiner… Nous étions les premiers lecteurs… ».
Les enfants Mouchot sont peut-être les premiers mais ils ne sont pas les seuls. Le succès est suffisant pour que se monte des « Clubs de l’Audace », une sorte de fan-club des éditions Chott dont les membres se compteront à une certaine époque par milliers. « On trouvait des Clubs de l’Audace dans à peu près toutes les villes de France et aussi beaucoup en Afrique du Nord. J’ai encore des cartes du Club de l’Audace… Il s’agissait de lecteurs qui faisaient des compte-rendus de leurs expéditions en montagne ou au bord de la mer. Il y avait des concours de photo, etc. Ils écrivaient beaucoup… ». Et pourtant le vent tourne. Ou plutôt disons que certains vont se charger de faire tourner le vent. Le 16 juillet 1949, c’est l’adoption de la fameuse Loi n°49-956 qui arbitre à partir de ce moment les publications destinées à la jeunesse… Communistes et conservateurs chrétiens s’y retrouvent autour de quelques illogismes et contradictions qui se résument entre autres à s’en prendre à la BD étrangère ou tout au moins d’influence étrangère à coups de critère abstraits. A partir de ce moment là tout éditeur français peut recevoir des missives incendiaires parce que, par exemple, il utilise des « couleurs laides » jugées traumatisantes (On laissera au lecteur le soin de se demander comment et pourquoi une institution peut déterminer qu’une couleur peut être jugée plus belle qu’une autre). Le rouge est forcément associé à la couleur du sang (et tant pis si, par cette logique, on devrait se priver d’un tiers du drapeau tricolore). Le noir c’est morbide et ainsi de suite… Les contresens ne font pas peur à la commission de surveillance des publications destinées à la jeunesse. Il y aura même un temps une sous-commission traitant des « surhommes » (le terme super-héros n’étant pas utilisé à l’époque) qui aura tout le loisir de reprocher à cette catégorie de personnages le fait qu’ils sont masqués (car la justice ne devrait pas apparaître masquée). Alternativement la commission les comparera à des nazis en puissance… Puis quand paraîtront à l’occasion des épisodes où ils combattent des nazis (et où l’accusation ne tient plus), elle les trouvera revanchard. Fantax et Big Bill sont donc d’emblée des cibles de choix. Quand en plus Mouchot ou ses collaborateurs glissent un bout de squelette au fond d’un cave, la chasse est ouverte. D’autant que la commission n’a pas, à proprement parler, de pouvoir. Elle peut intimider mais pas véritablement décider de retombées judiciaires par elle-même. L’éditeur Cino Del Duca (qui publie alors la BD de Tarzan) est non seulement le patron d’un puissant groupe de presse implanté en région parisienne. Il a gardé de son propre passage dans la Résistance des amitiés politiques solides. Du coup Del Duca est hors d’atteinte. Il arrête Tarzan, le relance dans un autre titre, il joue au chat et à la souris avec la commission qui, impuissante, tempête… Mouchot, lui, n’a pas les mêmes amitiés, pas la même puissance économique et il réside en province… Il devient un lot de consolation appétissant pour la commission, à plus forte raison parce qu’il refuse de plier, sûr de son bon droit. Il va faire un exemple idéal. Pierre Mouchot va « tomber » et payer pour les autres. Il sort acquitté des premiers procès ? Qu’à cela ne tienne, il suffit de répéter l’opération jusqu’à ce qu’un juge soit sensible aux arguments de la commission et condamne, en 1961, l’éditeur. « Il y a une très bonne analyse de ça dans l’Encyclopédie Thomassian, qui consacre un volume entier à mon père (1). C’est très clair, très net puisqu’il y a eu quelque chose comme six procès où il a été acquitté et puis finalement au bout du compte il y a eu une condamnation pour la forme puisque ca n’a débouché que sur une peine avec sursis pour laquelle il a ensuite bénéficié d’une amnistie. C’était pour la forme mais dans les faits cela l’a empêché de continuer et ça l’a privé de son métier. Ca l’a beaucoup affecté et je pense que ça a eu des effets sur sa santé. Il l’a pris très personnellement. Pour lui c’était grâve, d’autant qu’il avait été parmi les gens qui avaient soutenu le projet de loi de 1949. Il était tout à fait pour une régulation à la base. Et d’ailleurs les premiers jugements qui l’ont relaxé constataient que s’il y avait des « bagarres » dans ses bandes dessinées, c’était toujours pour le triomphe de la justice, du bien et la défense des opprimés. Et ce n’était pas un hasard, ça correspondait à un sentiment profond pour mon père. Il a ressenti cette procédure comme une injustice, à plus forte raison parce qu’il était d’un caractère entier. Il ne pouvait pas rester sans réagir… ». D’autant qu’être jugé pour avoir traumatisé la jeunesse et avoir enfreint la loi de 1949, ce n’est pas rien. C’est se retrouver traité comme ceux qui publient de la littérature pornographique ou des revues pédophiles. C’est être sale. D’autant que s’ajoute une sorte de glissement sémantique, de réécriture de l’histoire. Traiter de « néfaste » un ancien résistant, ce n’est pas forcément évident. Alors accidentellement ou malicieusement une sorte de réécriture de l’histoire fait son apparition. On ne sait d’où naît la rumeur que Pierre Mouchot aurait été légionnaire, avec toute ce que cela peut impliquer (la vieille image d’Epinal du criminel qui s’engage dans la légion faire amnistier ses crimes). « C’est de la fantaisie pure et simple » s’exclame Danielle Mouchot, exaspérée par ce serpent de mer qui a fait surface dans différents articles « biographiques » consacrés à son père. Cet « ajout » au CV de Mouchot vient renforcer l’arsenal des partisans (contemporains et ultérieurs) de la commission. Devenue légionnaire par magie, il devient facile de nuancer le passé de résistant de Mouchot et de dire qu’il ne l’a pas été par héroïsme mais par un goût marqué pour la violence, qu’il aurait appliqué à ses BD. C’est absurde mais enfin dans cette affaire on a déjà rejoint Kafka… Pour comparer, n’oublions pas qu’au même moment, au plus fort des attaques anti-comics en Amérique, William Gaines, l’éditeur des EC Comics et opposant majeur à la censure ne sera, lui, jamais jugé dans ce genre de procès ! La procédure à répétition contre Mouchot et ses procès jusqu’à ce que condamnation s’en suive deviendront un véritable épouvantail agité par la commission devant le nez d’autres éditeurs qui, de peur d’être le prochain Mouchot, retoucheront leurs publications pendant des années. Même les lecteurs nés bien après « l’affaire Mouchot » en subiront les retombées. Si, entre autres, les premiers lecteurs français de Frank Miller découvriront bien plus tard un Daredevil rogné et autocensuré dans les pages de Strange, c’est parce les éditeurs de BD populaires craignaient de connaître un destin semblable…
Mais puisqu’on ne voulait plus des BD de Mouchot en France, une question se pose. Ne pouvait-on pas imaginer que l’auteur produise pour l’étranger ? Il avait des liens avec l’Italie, où Fantax avait même été traduit… « Ca n’a pas été évoqué à l’époque et je ne pense pas que ça aurait pu fonctionner. L’exportation, ça s’était fait en Italie et ça ne s’était pas passé d’une façon merveilleuse. En définitive il a eu tout juste de quoi nous payer un premier séjour à Florence, ma mère et moi. Je ne pense pas qu’il ait eut l’envie ou les moyens de travailler avec d’autres pays. L’Allemagne, ca ne pouvait guère s’envisager à l’époque, le conflit était encore un peu trop récent. ». Et pourtant Fantax va paraître en allemand mais dans des conditions obscures : « Ah ! Ces épisodes sont venus sur le tard et sans que nous en soyons prévenus. Il s’agit d’une édition pirate. Il y a eut effectivement une petite histoire et je ne sais pas trop ce qui s’est passé. Je sais qu’ils ont réédité des choses alors qu’ils n’auraient pas du. Mon père a même essayé d’intervenir. Je pense que ce sont quelques italiens qui ont vendus les épisodes aux allemands alors qu’ils n’en avaient pas les droits… ». Dans les années soixante, dégoûté, Mouchot tourne le dos à l’édition : « L’envie n’était plus là. Par la suite il s’est tournée vers la restauration de tableaux, des enluminures, des choses de ce genre. Il a bien travaillé quelques fois pour fournir des dessins à d’autres éditeurs. Il faut dire qu’il y a eu un mouvement de solidarité au sein de la profession. Au début ils ont tardé à réagir mais ils ont compris qu’à travers lui c’est eux qu’on visait aussi, finalement. Marcel Navarro l’a beaucoup aidé et il a toujours manifesté beaucoup d’amitié pour toute la famille. A une époque, quand mon père était encore éditeur, ils avaient eu un différent au sujet de Marco Polo parce qu’ils publiaient deux séries différentes basées sur ce même héros historique. Ils ont lancé le même titre en même temps. Il y avait eu un petit flottement dans leurs relations à ce moment mais ca n’a pas laissé de traces et ils s’appréciaient beaucoup. Navarro a été très chic avec lui, en particulier dans ces mauvais moments ». D’ailleurs on peut voir une sorte d’hommage au passé commun des deux hommes dans le choix, quelques années plus tard, de la première revue de Lug à publier en France des super-héros Marvel : Ce sera Fantask, un nom singulièrement familier. Mais Pierre Mouchot ne verra pas ce clin d’œil. Il disparait en 1967 sans avoir l’idée que ses personnages pourraient intéresser qui que ce soit. « Je dois dire que nous (ma mère, mon frère et moi-même) n’avons été conscients d’un engouement pour les bandes dessinées qu’une dizaine d’années plus tard. Quand mon père et ses collègues créaient des BD, ils ne se rendaient pas compte que cela pourrait être considéré comme de l’art. Mon père ne savait pas qu’il pouvait y avoir un intérêt pour ses héros. D’ailleurs je ne pense pas que dans les années soixante cet intérêt existait déjà, c’est apparu plus tard. Mon père est décédé sans voir tout ça. Ma famille et moi ne nous en sommes rendu compte que bien après, quand nous avons commencé à être contacté par des passionnés de BD. ». Longtemps, l’affaire restera douloureuse pour toute la famille Mouchot : « C’étaient des choses auxquelles nous ne voulions plus penser. Vous comprendrez que notre famille a été beaucoup touchée par ces événements. C’est au contact de certains fans de BD que nous avons pu nous replonger dans ces choses. J’y réfléchis d’ailleurs beaucoup ces derniers temps car avec mon neveu (NDLR : et donc petit-fils de Pierre Mouchot) nous avons en projet de rééditer les vieux épisodes de Fantax. Je me doute que ça ne peut guère intéresser la jeunesse d’aujourd’hui mais cela pourrait intéresser les amateurs de vieilles bandes-dessinées… Mais de toute façon nous ne le sortirons pas comme une publication destinée à la jeunesse. » Dommage, quel joli pied de nez cela aurait été ! Car s’il reste aujourd’hui encore des gens pour défendre l’acharnement dont la commission de surveillance a fait preuve, c’est en définitive le temps qui juge : 62 ans après la création de Fantax et 47 ans après la condamnation de Pierre Mouchot, on n’a toujours pas trouvé la trace d’un enfant (ne serait-ce qu’un !) qui aurait été traumatisé ou amoindri par ces BD…
Xavier Fournier
Source Comic Box 55, Octobre 2008 (nos plus sincères remerciements)
- Encyclopédie Thomassian Tome III, aux publications de la Société d’Editions Rhodanniennes).
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